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déroutes vaines». La France des Années Folles a cédé. Mais dans l’Anjou si doux et si cher à du Bellay, la foudre enflamme les paisibles bords de Loire : les Cadets de Saumur ont refusé la défaite. Le Lieutenant de Galbert
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1934
Le jeune Galbert entre à l’Ecole Spéciale Militaire. Il y entre comme on entre en sacerdoce, comme ses aïeux entraient en chevalerie. Il y entre pour ce jour où il sera adoubé du panache immaculé et des plumes de sang, où le Père Système lui commandera de se relever, de se dresser, tendu vers le ciel, à jamais debout, Saint-Cyrien. Officier.
1917
Les Galbert sont en deuil. La Grande Guerre a emporté l’un d’entre eux. Il était officier. Il est tombé au champ d’honneur, en chargeant, à la tête de ses chasseurs à pied. Une image d’Epinal. Il laisse un fils, Gabriel, et un souvenir ardent et pieux. Et le fardeau d’une vocation. Il est des familles qui à chaque génération donnent un fils à la France.
1936
Saumur. Le faste et la tradition. L’élégance et l’héroïsme. Gabriel de Galbert était sous-lieutenant. Il devient Officier de Cavalerie. Lieutenant de Dragons. Premier commandement. Premiers soldats. Ses soldats. C’est avec eux qu’il veut faire face aux ennemis qui se massent à la frontière. A cheval, comme aux temps épiques des
hommes d’armes. Mais l’Allemand n’attaque pas. On renvoie Galbert à Saumur. Il voulait combattre ; il devra instruire. Obéissance et abnégation.
Juin 1940
La débâcle. L’exode, et l’ennemi qui avance, et les «soldats jetés dans les
Solitude et humilité… Sainte Jeanne d’Arc disait : «Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire». Alors il s’évade, il rejoint les sables du Maroc et l’Armée d’Afrique. Au 3° Régiment de Spahis Marocains, il arbore le burnous bleu de Lyautey et s’empourpre de la veste de Bournazel. Campagne d’Italie. Au combat, le Capitaine de Galbert prend l’habitude de descendre de son char pour mieux commander son escadron. Sous le feu. Il est à nouveau blessé, par deux fois.
1946
Galbert retourne à Saumur pour tenir le cours «Arme blindée». Pendant ce temps, en Indochine, les camarades se battent, et meurent. Et il est dur pour un homme tel que lui de devoir rester en arrière, loin du danger.
commande une brigade d’EAR, la 27°. Alors qu’ils tiennent un point d’appui, Galbert aperçoit trois tourelles ennemies dans un chemin creux. Il ordonne à ses élèves de se dissimuler. Il progresse jusqu’au premier char, et bondit dessus, arme au point. Il abat l’équipage. Il court vers le deuxième blindé, il tire, fait taire la mitrailleuse, mais est gravement touché par un éclat. Tout prés du cœur. Le troisième char, enfin, est parvenu à l’abattre. Au canon. Le Lieutenant de Galbert a lutté, seul, contre trois blindés. Pour un ultime geste de bravoure, pour l’Honneur. On le nommera désormais «Bayard».
1941
Saint-Cyr s’est replié au pied de la Sainte Victoire, à Aix-en-Provence. Galbert y est instructeur. Il n’abandonne pas le combat. Résistant, arrêté, enfermé en prison, comme un criminel.
1956
L’Algérie est embrasée. Galbert doit retourner au feu, avec ses chers Spahis, sur la terre brûlante des Aurès. A la tête du 3°RSM, il défend avec énergie une population martyrisée par un ennemi cruel et insaisissable, une terre qui était la France. Comme son père, il est touché, au combat, à la tête de ses hommes. Mais la Providence l’épargne. Le Colonel de Galbert continuera donc d’illuminer de son sourire le cœur de ses chefs et de ses subordonnés. Bayard, toujours plus rayonnant, est devenu «l’Archange».
1962
Après un passage à l’Otan et à l’inspection de la Cavalerie, Gabriel de Galbert accède aux étoiles et prend le commandement de la 7° Brigade Mécanisée.
1965
Rien n’était plus naturel et juste que de confier l’Ecole de Cavalerie au Général de Galbert. Il fait de Saumur le creuset d’une arme blindée moderne, mais dont le souffle est celui des vieilles traditions des soldats d’antan. Nommé Général de corps d’Armée, Galbert part à Nancy, commander le Ier Corps d’Armée. Toujours appelé à davantage de responsabilités, il est nommé en 1972 gouverneur militaire de Metz et commandant de la VI° région militaire. Grand soldat, Galbert fut aussi un très grand chef.
1973
Couronnement de la carrière du Général, les fonctions de Gouverneur des Invalides. Les invalides… Ces vieux soldats, dont le sang fut versé sur toutes les terres, au cours de toutes les guerres, et qui terminent leurs jours dans le sein réconfortant de la France. «Mère, voici vos fils qui se sont tant battus… » Galbert se donne tout à ses pensionnaires, il leur insuffle son éternelle jeunesse, il incarne pour eux la Patrie reconnaissante. Galbert, plutôt que les trahir, démissionne en 1981.
2001
Le Général de Galbert, officier de cavalerie et Saint-Cyrien, décède le 2 février.
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