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Samedi 03 Avril, 00h45 : le Transall C160 de l’escadrille Béarn de Dreux vient de se poser sur le tarmac de Dakar, situé dans la BA 160 au Nord de la ville. Il n’y parait peut-être pas, mais l’armée de l’Air et son Transall défectueux, même s’ils ont largement contribué à notre voyage, ne nous ont pas facilité la tache : changement d’un moteur impliquant accessoirement huit heures d’attente, escale aux îles Canaries et dix heures de vol. A peine arrivés, nous sommes assaillis par la chaleur moite et les odeurs si particulières de la nuit africaine.
Invités par le Chef d’Etat-Major Général des Armées (CEMGA), Grand Ancien de la Promotion Général GILLES (1969-1971) à l’occasion du 44ème anniversaire de l’accession à la souveraineté internationale du Sénégal, nous allions avoir l’honneur d’être les ambassadeurs de la France et de Saint-Cyr pour une délicate « mission » de représentation.
L’esprit déjà bien loin des affres de la DGER et du Bataillon, nous débutons la journée du samedi par la visite de la ville, visite vite écourtée en raison de l’exercice de défilé qui se profile pour l’après midi, où nous rencontrerons nos homologues des autres écoles de formation d’Officiers (Mali, Maroc, Niger). L’exercice terminé, la fin de l’après midi est très calme : nous nous retrouvons qui au bord de la piscine, qui sur la plage où un football est organisé. D’autres encore profitent de cette veille de la fête des Rameaux pour se rendre à une messe dans le camp du 23ème BIMA situé au Sud de Dakar ; aperçu qui permettra à certains de confirmer leur soif d’aventure au sein de la « Colo », à la seule vue des Sagaies qui évoquent d’elles-mêmes les vastes étendues africaines et les charges en pleine brousse.
Pour la majorité d’entre nous, c’est un total dépaysement, marqué plus encore par la perception de notre bus de la compagnie des transports M’BOUP, musique sénégalaise y compris. Nous nous attendions à être conduits dans un casernement militaire ; mais l’armée sénégalaise nous offre le confort intégral : chambre double avec téléviseur et salle de bain, accès H 24 à la piscine, et, comble du bonheur, la plage à domicile ! Ce qui nous a permis, dés notre arrivée, (03h00 du matin heure locale) de la prendre joyeusement d’assaut…
Dimanche 4 avril : le soleil se lève à peine que nous sommes déjà tous en GU, dans le bus qui doit nous conduire sur l’avenue Général De Gaulle, lieu qui augurera de la prise d’armes marquant les festivités. Exercice de taille puisqu’il ne durera pas moins de cinq heures, ponctué par trois passages en revue, dont une passée par Monsieur Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal !! Nous avons aussi la surprise de constater que les forces sénégalaises ne se contentent pas de maîtriser parfaitement l’OS de type français, mais savent aussi défiler de façon plus typique, où se mêlent chants, rires, applaudissements et danses sénégalais. Frissons garantis à l’écoute de ces démonstrations guerrières.
Dimanche 4 avril : le soleil se lève à peine que nous sommes déjà tous en GU, dans le bus qui doit nous conduire sur l’avenue Général De Gaulle, lieu qui augurera de la prise d’armes marquant les festivités. Exercice de taille puisqu’il ne durera pas moins de cinq heures, ponctué par trois passages en revue, dont une passée par Monsieur Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal !! Nous avons aussi la surprise de constater que les forces sénégalaises ne se contentent pas de maîtriser parfaitement l’OS de type
français, mais savent aussi défiler de façon plus typique, où se mêlent chants, rires, applaudissements et danses sénégalais. Frissons garantis à l’écoute de ces démonstrations guerrières.
Une fois terminée la partie statique de la cérémonie, nous assistons mêlés à la foule en liesse au traditionnel défilé civil haut en couleurs où majorettes (dont la LH locale), écolières et écoliers côtoient les plus anciens. Là encore, surprise et dépaysement pour les habitués que nous sommes des prises d’armes TTA sur la cour Rivoli… Nous reformons ensuite les rangs pour investir à notre tour l’avenue Général de Gaulle : longue ligne droite ascendante qui débouche sur l’obélisque commémorant l’indépendance, où, à défaut de hiéroglyphes, brillent en lettres d’or les mots « Un peuple, un but, une foi ». Les tribunes officielles, où de nombreuses autorités, dont une dizaine de chefs d’états, ont pris place finalisent cette disposition qui n’est pas sans rappeler nos Champs Elysées. Sur notre passage, nous découvrons une foule particulièrement dense, massée de part et d’autre de l’avenue, qui se réjouit de notre présence à grand renforts d’applaudissements : nous prenons alors pleinement conscience de l’honneur qui nous est fait et de la lourde tâche qui nous incombe à l’écoute d’apostrophes telles que « Vive la France » !!
Les premières impressions échangées entre nous font état d’un certain soulagement d’avoir relevé ce défi avec Panache, associé à une grande fierté d’avoir ainsi pu ouvrir le défilé des troupes à pied et d’avoir ravivé le flambeau laissé là par une délégation de nos anciens dont le CEMGA faisait partie 34 ans auparavant.
Il ne nous reste plus qu’à utiliser avec discernement la dernière après-midi dont nous disposons avant notre retour à Coët pour profiter des derniers charmes de la capitale sénégalaise. Nous nous dirigeons ainsi vers le marché traditionnel afin de nous adonner à l’une des activités les plus caractéristiques qui soient en Afrique, comprendre le marchandage de quelques souvenirs. La découverte de cet exceptionnel étalage d’objets d’arts est pour tous l’occasion de tester ses précieuses qualités de négociateur, en témoigne le Tee-shirt d’un d’entre nous, disparu au fond d’une échoppe en échange d’une chemise de toile, ou encore la difficulté d’un autre à refuser les prix avantageux d’un collier qu’il offrirait à sa gazelle… Les commentaires moqueurs des petits cos plus à l’aise dans cette périlleuse discipline se poursuivent bien entendu autour d’un cocktail de spiritueux locaux à la piscine de notre charmante villégiature. Sorte de jardin d’Eden qui, malheureusement, ne sera bientôt plus qu’un merveilleux souvenir, que les lourdeurs de la Pompe ne manqueront pas de ressasser.
Lundi matin : le jour du départ se lève doucement sur la ville endormie. L’humeur de chacun est plutôt morose, et pour cause ! Après avoir tout juste découvert les charmes de Dakar et la gentillesse de ses habitants, il nous faut reprendre le cours normal des choses à Coëtquidan (on entend encore dire du côté de la passerelle que l’anticipation de notre retour pourrait avoir des liens certains avec les hautes exigences requises par notre précieux enseignement académique. Mais cela ne reste encore qu’un ragot made in radio Coët, à suivre….). Souvenir marquant de notre vie à Saint-Cyr, ce passage éclair au Sénégal aura à bien des abords été source de réflexion, d’émerveillement et de fierté. Il nous aura surtout permis d’avoir un premier aperçu de l’Afrique en général, et du Sénégal en particulier. Il aura aussi conforté chez certains leur vocation à servir dans les Troupes de Marine et à tous insufflé le profond désir de revenir, cette fois plus longtemps, parcourir le pays du Lion et du Baobab.
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